Histoire de : le Cri d’Evrard Munch

Si vous voulez briller en société ou simplement glisser des petites anecdotes lors d’un repas de famille, alors cette rubrique est faite pour vous ! En effet, nous allons nous intéresser à l’histoire des tableaux les plus célèbres de l’Histoire de l’art.
Et pour le premier article de cette série, intéressons-nous à un chef-d’œuvre de l’expressionnisme ; c’est le tableau vendu le plus cher à son époque (120 millions de dollars en 2014) et son auteur est connu pour sa tourmente constante : j’ai nommé le Cri de Munch.

Le cri, Edvard Munch, 1893, Galerie national d’Oslo, 91 × 73,5 cm

En réalité, il existe 5 versions du Cri : cette série de tableaux est réalisée entre 1893 et 1917 et fait partie d’une grande série qu’Edvard Munch a intitulé « Frise de la vie »

‘Poème de la vie, de l’amour et de la mort’

Dans cet article nous allons nous intéresser au premier tableau de cette série, c’est-à-dire le Cri peint en 1893.

Réalisé il y a plus d’un siècle, il demeure l’un des tableaux les plus énigmatiques de l’histoire.
Source d’inspiration pour de nombreux artistes/réalisateurs, le visage sans vie et inquiétant de cet homme fascine.

Mais quelle est l’histoire de ce tableau ? Qu’est-ce que Munch a voulu représenter à travers l’angoisse de ce tableau ?

Il n’y a pas de réponses à ces questions, plusieurs hypothèses ont été avancées mais aucune d’entre elles n’est revendiquée par Munch lui-même. Certaines sont plus plausibles que d’autres…
Il n’en demeure pas moins intéressant de les évoquer car, à travers ces hypothèses, nous pouvons retracer l’état d’esprit de Munch à cette période.

1re hypothèse : l’éruption du volcan Fjord

Cette hypothèse est la plus connue et pour cause, c’est celle dont on trouve le plus de preuves. En effet, dans le journal intime de Munch on trouve cette citation :

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis, le soleil se couchait, tout d’un coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture. Il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville, mes amis continuèrent et j’y restais, tremblant d’anxiété. J’ai entendu un cri infini déchirer la Nature. »

A travers ce tableau, Munch aurait voulu retranscrire les émotions ressenties lors de l’éruption du volcan : la peur de la mort, le bruit déchirant de l’éruption, les cendres qui auraient pu changer les caractéristiques optiques du ciel et lui donner cette couleur sang, l’abandon de ses amis…

Le fait que le personnage se bouche les oreilles montre qu’il n’est pas émetteur mais récepteur du bruit.
Les ondes autour du personnage figurent dans différents tableaux de Munch peint à la même période : elles représentaient pour lui des formes d’émanation de l’âme et transmettaient des émotions, ce qui expliquerait le côté trouble du tableau, de par les émotions de Munch lors de cet épisode traumatisant.

La Madone, Edvard Munch, 1994, musée Munch, 205 cm × 105 cm cm

Par exemple dans le Tableau la Madone peint par Munch en 1994, on retrouve ces ondes autours du personnage

2e hypothèse : Le cri serait lié à un autre tableau peint par Munch

En 1910, Munch peint Le meurtrier : ce tableau représente Kristoffer Nilsen Svartbækken, un célèbre criminel et meurtrier norvégien, connu dans les faits divers de l’époque pour avoir tué à coups de hache, en 1875, un jeune homme âgé de 19 ans alors qu’il rentrait chez lui.
Ce tableau nous montre le meurtrier confiant, s’approcher de la victime le visage masqué : c’est la scène avant le drame.
Le cri serait alors le contre-champ de ce tableau : la réaction du jeune homme qui s’apprête à mourir.

Le meurtrier, Edvard Munch, 1910, musée Munch

3e hypothèse : référence à ses troubles mentaux

Edvard Munch était un peintre tourmenté à la santé fragile. Il perd très tôt sa mère et sa sœur, par conséquent, il sera toute sa vie hanté par la peur de mourir. L’inspiration de ce tableau serait l’équation de plusieurs épisodes de sa vie.
Au moment où il travaille ce tableau, il vit à côté de l’asile où réside sa sœur et d’un abattoir où il entend au quotidien le dernier souffle de vie des animaux.
Il semblerait alors que l’anxiété du personnage principal, tout comme la tristesse du ciel orange apocalyptique, soit une référence à son trouble bipolaire et sa tristesse permanente.

Quant à la représentation du personnage, il se serait inspiré de la Momie chachapoya, vue lors de sa visite au musée de l’Homme à Paris.

Momie Chachapoya, 9ème/15ème siècle, musée de l’Homme à Paris

Ces informations en tête, vous pourrez admirer et faire vos propres hypothèses sur ce mythique tableau du 11 avril au 21 juillet 2019 à British Museum de Londres pour une exposition qui lui est consacrée intitulée « Edvard Munch: love and angst »

British Museum :

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